3 idées pour accroitre la QVT en dehors des bureaux

Se sentir bien au travail est le résultat d’une alchimie complexe de ressentis : se sentir serein, se sentir utile, se sentir considéré, se sentir bien intégré à un collectif, se sentir en sécurité... Faire que chaque salarié se sente bien est, comme chacun sait, un levier de performance précieux pour l’entreprise. Pour parvenir à cet objectif, la QVT doit être appréhendée comme un tout. Elle doit aussi, parfois, passer la frontière des murs de l’entreprise. Voici 3 idées montrant que la QVT se construit également en dehors des bureaux.

1 ) Le sport comme outil de prévention des RPS

Encouragée dans de nombreuses entreprises, la pratique d’un sport permet de s’octroyer une pause, de « faire le vide » pour se libérer les tensions accumulées, en un mot, de s’aérer le corps et l’esprit.

Si les bénéfices pour la santé d’une pratique régulière et raisonnable d’un sport sont aujourd’hui connus et validés par de nombreuses publications scientifiques, plusieurs études démontrent également que la pratique du sport favorise la lutte contre le stress, la dépression et le burn-out. En effet, en période de stress, le corps sécrète une hormone appelée cortisol, certes essentielle en cas de danger mais dont l’excès peut avoir un effet néfaste sur l’organisme (prise de poids, diabète...). Une activité physique permet l’évacuation rapide du cortisol et la libération conjointe d’endorphines connues sous le nom d’hormones du bien-être. Également libérée, la dopamine va procurer du plaisir.

Donner aux salariés des moyens et possibilités de pratiquer un sport, par exemple entre midi et 14 h ou en fin de journée, ne peut qu’accroitre la QVT. Les groupes et grandes entreprises peuvent facilement, à cette fin, mettre en place des partenariats avec une salle de sport proche ou une collectivité locale. Concluons sur ce sujet avec un chiffre : selon une étude menée par Décathlon en 2017, 78% des salariés feraient du sport en entreprise si les conditions le leur permettaient.

2 ) Le team-building pour partager plus qu’un métier

L’esprit d’équipe et la QVT n’ont, selon vous, qu’un lointain rapport ? Détrompez-vous ! Comme chacun le sait, quand des personnes sont amenées à travailler ensemble sans l’avoir réellement choisi, les désaccords récurrents – même d’apparence anodine – peuvent être source de tension et de mal-être. La cohésion et l’esprit d’équipe permettent de faire en sorte que chacun se sente bien dans le groupe. Le problème est que l’esprit d’équipe ne se décrète pas ; il se construit au fil du temps.

Pour accélérer cette construction, il est parfois utile de prendre du recul pour faire le point dans un contexte créant une rupture avec le cadre de travail quotidien. C’est tout l’intérêt du « team-building », dont l’objectif est de créer des liens dans une nouvelle équipe, ou de les renforcer au sein d’une équipe existante.

Concrètement, il s’agit de rassembler les salariés concernés pour partager des activités ludiques dans une ambiance décontractée et un environnement propice à la réflexion. Ces rencontres ne sont en rien des challenges visant à aiguiser l’esprit de compétition personnel : si compétition il y a, celle-ci visera uniquement à « créer du collectif », par exemple dans la résolution d’un problème.

Les activités, qu’elles soient culturelles, artistiques ou sportives, seront autant que possible créatives et détendantes : rallyes photo, sketches, excursions-découvertes... L’essentiel est que les salariés prennent du plaisir et que l’activité retenue favorise une réflexion collective.

Bien conçue, une séance de team-building renforce la solidarité, la compréhension et la confiance entre les membres de l’équipe, autant d’éléments forts de la QVT. Elle permet aussi une plus forte adhésion aux valeurs de l’entreprise et une meilleure communication : entre les salariés eux mêmes, mais aussi avec leurs managers, qu’ils ont l’occasion de découvrir sous un jour différent.

3 ) Le télétravail pour une meilleure conciliation vie professionnelle/vie personnelle

Largement plébiscité par les salariés français, le télétravail est aujourd’hui entré dans les mœurs de leurs employeurs. D’après une étude publiée en 2017 et conduite par Wrike, éditeur d’une solution de gestion des tâches, les entreprises de l’hexagone sont plus de 70% à autoriser, à des degrés divers, leurs collaborateurs à travailler depuis leur domicile, soit plus que dans les entreprises allemandes (66,70%) ou britanniques (53,30%).

Certes, le télétravail peut présenter des risques : sentiment d’isolement, affaiblissement des liens avec l’équipe, perte de la convivialité... C’est la raison pour laquelle il doit être bien encadré, ce qui est d’ailleurs le cas sur le plan légal. Une fois ce point garanti, force est de constater que le télétravail constitue un formidable levier de QVT pour au moins deux raisons :

> Il permet aux salariés de régler certaines questions personnelles plus facilement, en éliminant régulièrement (par exemple une fois par semaine) le temps de transport sur une journée.

> Il valorise le salarié. En effet, le télétravail implique un véritable changement de paradigme dans les modes de management : le manager n’est plus dans une relation de subordination et de contrôle avec ses collaborateurs, mais de confiance.

D’après l’étude précitée, les salariés apprécient le télétravail parce qu’il leur permet de maintenir un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée (50,2%), de réduire le stress lié aux transports (45,4%) et de gagner du temps pour accomplir les tâches (36,7%). Autant d’éléments qui ont une incidence forte sur la QVT vécue et perçue.

 

Comme nous l’avons souvent affirmé sur ce blog, la qualité de vie au travail implique de porter un nouveau regard sur l’entreprise et le rôle qu’elle est appelée à tenir dans notre société. Il ne s’agit plus de considérer la seule vie professionnelle du salarié sous le prisme des tâches qu’il lui faut accomplir, mais de penser à ce dont il a besoin, en tant que personne, pour se sentir bien au travail. Qu’elle s’applique dans les murs de l’entreprise ou à l’extérieur, toute mesure favorisant ce sentiment chez lui augmentera significativement son engagement, sa performance et sa loyauté vis-à-vis de son employeur.


Sport, burn-out, QVT des soignants : la revue de presse et du web QVT

Le sport pour muscler la QVT est une idée qui fait son chemin ! C’est ce qu’indiquent la sortie d’une étude, d’un ouvrage ou les récentes Assises Sports et Entreprises. Deuxième thème de cette revue de presse et du web QVT, les métiers présentant des risques de burn-out élevés et l’impact de l’activité choisie sur l’épanouissement. Quant au plan de QVT destiné aux soignants et annoncé par Marisol Touraine, il est regardé avec beaucoup de circonspection par les intéressés...

Le sport, quel souffle pour la QVT !

S’il est communément admis que le sport est bon pour la santé, il est moins connu qu’il l’est aussi pour l’entreprise. C’est pourtant ce que tend à montrer une étude de Décathlon pro dont le Figaro (15 déc) commente les résultats. Parmi de nombreux chiffres éclairants, on retiendra que, pour 83 % des sondés, l'approche sportive d'une entreprise en dit long sur son identité. Et que, pour 56 % d’entre eux, les entreprises qui se soucient de la valeur «sport» sont celles qui se soucient de leurs collaborateurs.

Blog hébergé par le Figaro, L’observatoire du sport business (14 déc) lie également pratique sportive et QVT en annonçant la sortie de l’ouvrage « Sport, Activité physique et Qualité de vie au travail », de Sylvain Landa. Directeur adjoint du think tank Sport et Citoyenneté, ce dernier a présenté son recueil sur les liens entre activités physiques et sportives et qualité de vie au travail lors d’une conférence organisée à l’Audencia Business School le mercredi 14 décembre.

Le sujet intéresse aussi l’Équipe, qui pose dans un article (23 nov) la question de « l’impact du sport sur le salarié et l’entreprise ». Le site du quotidien sportif revient sur les Assises Sport et Entreprises (22 nov) et sur le guide pédagogique du sport en entreprise réalisé par le CNOSF (Comité national olympique et sportif) qui y a été présenté. Parmi les objectifs de ce guide, aider les entreprises souhaitant mettre en place des initiatives de promotion de l'activité physique et sportive dans leurs stratégies et pratiques managériales.

Burn-out : les métiers à risque

Le burn-out apparaît réellement comme l’un des mots de notre temps à éradiquer. Dans quelles professions est-on le plus exposé ? Plusieurs supports se sont fait l’écho d’une étude de l’Autorité sanitaire américaine sur la question, reprise par la version britannique du magazine Marie-Claire.

Émanation de régionsjob, le site blog-emploi.com (2 déc) présente ainsi « les 17 métiers les plus susceptibles de vous mener au burn-out ». Les fonctions de conducteur de transports en commun, celles d’ouvrier et d’employé dans les services à la personne font partie du top 5. Le site rappelle qu’en France les agriculteurs, employés et ouvriers ont un risque de décéder par suicide deux à trois fois plus élevé que celui des cadres.

Sur le même thème, le Monde (7 déc) pose une question sur laquelle chacun a pu s’interroger un jour dans un article intitulé « Entre un métier fun ou safe, faut-il absolument choisir ? ». Parmi les nombreux et intéressants exemples de personnes ayant fait le choix de placer leur épanouissement avant la sécurité, le quotidien cite le cas d’un diplômé de l’Ecole des mines de Douai qui, après six ans dans le monde de l’industrie et un burn-out, a ouvert son cabinet de naturothérapie. « Mes revenus ont été divisés par 5 environ, mais mon sourire multiplié par 500 au moins », témoigne l’intéressé.

Reste, d’après le site radins.com (9 déc), que « si une liste des métiers [à risque de burn-out élevé] devait se faire en France, les métiers qui sortiraient en premier seraient sans doute les agriculteurs, les professionnels de santé, les chefs d'entreprises et les employés et ouvriers peu qualifiés ».

Réactions au plan de QVT pour les soignants de Marisol Touraine

 La réflexion de radin.com a du vrai en ce qui concerne les métiers de la santé en France, comme le confirme le plan que vient de dévoiler Marisol Touraine pour « soigner ceux qui nous soignent » et auquel nous avons consacré un article sur ce blog. Les réactions des soignants à l’annonce de ce plan se font entendre. Sur le site infirmier.com, un long article (7 déc) détaille le point de vue des syndicats et organisations qui, « après les paroles, veulent maintenant des actes ». Le site Pourquoi Docteur (6 déc) rapporte les doutes du Pr Bernard Granger, vice-président de l’Association Jean-Louis Mégnien, sur l’impartialité des solutions de médiation « lorsque quelqu'un se plaint d’être maltraité, qu’il existe des dissensions ou des conflits ». Le professionnel souhaite des médiations « claires, transparentes dans le cadre d’une procédure paritaire pour garantir son impartialité ». Le site jim.fr (journal international de médecine, 6 déc) se fait lui aussi l’écho de la circonspection des soignants, et se demande si la ministre n’est pas « dans le déni » en ce qui concerne le harcèlement. Sur le site de France Bleu (7 déc), un sujet audio témoigne de la défiance des personnels médicaux, par exemple dans le Vaucluse.

En attendant la mise en place des mesures du plan Touraine, rappelons que l’association SPS (soins aux professionnels de santé), suite à une enquête effectuée par Stethos parue en octobre 2016, vient tout juste de lancer un numéro vert destiné aux soignants en situation de détresse ou de burn-out.

Nous vous donnons rendez-vous en 2017 pour une prochaine revue de presse et du web sur ce blog. D’ici là, portez-vous bien !