Le Pr Frédéric Dutheil et WITTYFIT

Interview du Pr DUTHEIL

Médecin chercheur et Scientist de Wittyfit

Le Pr Frédéric DUTHEIL est Chef de service Santé au Travail du CHU de Clermont-Ferrand. Il est aussi chercheur au CNRS et le Scientist de WITTYFIT.

Comment avez-vous connu les deux fondateurs ?

Deux éléments ont favorisé notre rencontre. Tout d’abord, mon métier, je suis Professeur en Santé au travail au CHU de Clermont-Ferrand, nous sommes peu en France à avoir cette spécialité. Ensuite un projet sur lequel je travaillais. Il s’agissait d’un logiciel permettant un retour individualisé à toute personne de plus de 14 ans sur son état de santé dans sa définition la plus large : un bien-être physique, psychique et moral. Un modèle imaginé pour tous avec des conseils personnalisés, appuyés sur des publications médicales. Mon objectif était de rendre le patient « acteur de sa santé », et ainsi, de lui permettre d’agir sur son espérance de vie.

Qu’est-ce qui vous a séduit dans leur projet ?

Lorsque Thomas et Samuel sont venus m’expliquer leur projet, j’ai été tout de suite intéressé. Il y a eu comme une évidence. Nous étions animés par les mêmes convictions et nos projets se rejoignaient. J’ai trouvé l’idée d’adresser le monde professionnel extrêmement pertinente et novatrice. Nous passons 1/3 de notre temps au travail et pourtant la « santé au travail » n’est que peu étudiée. Le monde de la santé semble s’arrêter aux portes de l’entreprise. En 2014, il n’existait aucun outil de mesure de la QVT en France : rien qui puisse permettre au collaborateur de s’auto-évaluer sur son état de santé au travail et rien à l’échelle de l’entreprise.

En quoi avez-vous contribué à l’élaboration de la plateforme ?

Nous étions tous les trois en phase sur l’approche globale, j’ai apporté l’aspect scientifique. Le système d’évaluation emprunte les codes de la médecine. L’ensemble des indicateurs, sous-indicateurs et questionnaires ont été conçus pour pouvoir évaluer la santé au travail de chacun, à savoir, le bien-être physique, psychique et moral des collaborateurs. Partir d’un ressenti pour construire l’arbre des causes, comprendre pour agir.

« Nous travaillons avec WITTYFIT à ce que la santé au travail soit personnalisée, participative, préventive et prédictive. »

Pr. Frédéric Dutheil

Quelle a été la plus grande difficulté de votre côté ?

La phase de recherche et développement a pris plus de 2 ans. La durée nécessaire à la validation du protocole auprès du « Comité de Protection des Personnes » en charge des recherches impliquant la personne humaine (critères définis par l’article L 1123-7 du Code de la Santé Publique). Le protocole est publié sur le site référence approuvé par l’Organisation Mondiale de la Santé : clinical.trials.gov

En quoi cette plateforme est différente des autres ?

Nous sommes en mesure de démontrer scientifiquement ce que l’on dit. C’est ce que l’on appelle : « evidence based medecine » ou la médecine fondée sur des preuves. WITTYFIT est la seule plateforme de pilotage de la QVT dont la méthode de mesure des ressentis est scientifiquement approuvée. Au-delà de l’évaluation de la satisfaction au travail et du niveau de stress, la plateforme rend chaque collaborateur pleinement acteur de son épanouissement professionnel. On ne peut pas changer durablement les choses, en demandant une fois par an à quelqu’un comment il se sent au travail.

Par ailleurs, WITTYFIT permet en quelques clics de générer le Document Unique d’évaluation des risques psychosociaux.

Quels sont aujourd’hui vos champs d’interventions ?

Je suis très impliqué dans l’évolution de l’outil WITTYFIT et les travaux de recherche que je mène avec le CNRS viennent nourrir notre démarche. En tant que Professeur chercheur en santé au travail, j’étudie le lien entre la « variable travail » et la santé. Très peu de publications existent sur ce registre. Pourtant tout le monde ou presque travaille et y passe une grande partie de sa vie.

On sait par exemple que le stress est un facteur de mortalité mais on a peu d’éléments scientifiques qui permettent de corréler les différentes variables du travail à la santé. Cela fait déjà 4 ans que je travaille au CNRS à établir le lien entre le « stress physiologique (ressenti biologique) et le stress psychosocial » (stress engendré par une mauvaise conception, organisation ou gestion du travail et d’un contexte socioprofessionnel défavorable). Je viens de signer pour 4 autres années de recherche.

Comment envisagez-vous le futur avec WITTYFIT ?

Lorsque j’entends parler d’outils de mesure de la QVT basés sur l’IA, je suis dubitatif. La recherche avance mais l’Intelligence Artificielle appliquée aux neurosciences est à un stade embryonnaire. Le « machine learning » est un champ d’étude de l’IA qui se développe mais qui nécessite de nombreuses données sur une durée suivie de plusieurs années pour être fiable et permettre de définir des « modèles prédictifs ».

Dans le cadre de WITTYFIT, nous allons intégrer un doctorant CIFRE « Conventions Industrielles de Formation par la Recherche » en fin d’année pour étudier les liens entre les facteurs psychosociaux et économiques en entreprise. Les travaux dureront trois ans entre recherche au CHU de Clermont-Ferrand et intégration au sein de l’équipe WITTYFIT.

Nous travaillons avec WITTYFIT à ce que la santé au travail soit personnalisée, participative, préventive et prédictive.


Réflexions de fond, QVT des libéraux de la Santé, « congé menstruel » : la revue de presse et du web QVT

Il est toujours intéressant de lire des tribunes exprimant un point de vue global sur la QVT, non limité à un seul aspect de celle-ci : en voici trois sélectionnées pour vous. Découvrez également les réactions au second volet du plan QVT de Marisol Touraine pour les professionnels de la santé, dédié aux libéraux. Quant au projet de loi pour un « congé menstruel » en Italie, il constitue le troisième thème de votre revue de presse et du web QVT.

La QVT sur le fond

Si l’intérêt pour la QVT ne cesse de croître, les articles traitant le sujet sur le fond ne sont pas forcément les plus nombreux. Trois tribunes parues ces derniers jours se distinguent en offrant une certaine hauteur de vue.

Pratiquer la QVT sans le savoir

Publiée sur le site de FocusRH (28 mars), une tribune de Gilles Riou part de l’idée que c’est « l’usage nucléaire » du mot RPS qui a fait émerger le concept de QVT dans les entreprises. Et que c’est « à partir de cette approche négative du sujet de la santé au travail, en lien avec l’émergence de thématiques comme [...] l’équilibre vie privée / vie professionnelle » qu’a émergé le concept de QVT. Son analyse livre des réflexions méritant d’être méditées, comme celle-ci : « le principal écueil consiste à penser la QVT comme un ensemble de mesures, une liste à la Prévert. [...] Il y a là danger que la QVT devienne une antivaleur du travail. »

Promettre le bonheur au travail est-il dangereux ?

Dans une tribune publiée sur le site du Huffington Post (20 mars), Loïc Hislaire, DRH de la SNCF, livre ses conseils pour favoriser le bien-être au bureau. Constatant que « l'idée que les salariés sont plus efficaces lorsqu'ils sont heureux au travail s'est imposée ces dernières années », il relève les efforts consentis par l’entreprise et encouragés par les pouvoirs publics pour favoriser la QVT. Il met cependant en garde : « Tout comme il faut éviter que le travail soit un lieu de souffrance, il serait dangereux de vouloir y promettre le bonheur ». Ses recommandations insistent sur le rôle crucial de l’organisation.

Disruption et flexibilité

Sur le site du quotidien Les Echos (28 mars), Pierre-André Svetchine s’interroge sur l’irruption de la disruption et de la flexibilité dans les espaces de travail. Rappelant que « la QVT est le critère le plus important au travail pour 41% des salariés », il déroule son point de vue sur l’évolution de l’environnement de travail et la nécessité de répondre à trois impératifs : « comprendre l'espace de travail comme un lieu collaboratif », « rendre l'espace de travail adéquat aux attentes des salariés » et « oser la différence ».

QVT des professionnels de santé libéraux

Le ministre de la Santé avait dévoilé en décembre une stratégie nationale d’amélioration de la QVT des soignants exerçant dans des établissements de santé. Elle a présenté le 21 mars la partie de son plan réservée aux libéraux, qui a logiquement trouvé un fort écho sur les supports spécialisés.

Site dédié à l’actualité infirmière, Actusoin (23 mars) présente les trois axes de la stratégie : améliorer les conditions d’exercice, assurer la sécurité des soignants exerçant en ambulatoire, prévenir et prendre en charge la souffrance au travail. L’article n’est pas critique, mais mentionne « la faiblesse des moyens accordés » dénoncée par les syndicats.

Le site du Journal International de Médecine, ou JIM (22 mars) s’attarde de son côté sur certains points du plan de la Ministre, comme les campagnes de sensibilisation destinées à lutter contre l’autodiagnostic et l’automédication.

Sur le site Pourquoi Docteur (22 mars), le rédacteur conclut une présentation détaillée du plan ministériel en pointant ses faiblesses : « à cinq semaines du premier tour de l'élection présidentielle, Marisol Touraine n'a précisé ni le calendrier d'action ni le financement pour appliquer les différentes mesures du plan [...]. L'occasion pour les médecins libéraux de souligner une nouvelle fois la différence de traitements avec les praticiens hospitaliers. »

Italie : bientôt un congé menstruel ?

Un projet de loi devant prochainement être examiné par le parlement italien a suscité des dizaines d’articles en France : accorder un congé mensuel de trois jours au salariées souffrant de règles douloureuses, ce qui serait une vraie première en Europe. Sans doute une avancée pour la QVT des femmes, mais avec des risques d’impacts négatifs à considérer...

Sur le site de LCI (29 mars), Charlotte Anglade rappelle que « les règles semblent rester taboues en France », mais que nos voisins transalpins ont le mérite de se saisir du problème. La rédactrice souligne que 60 à 90% d'Italiennes sont touchées par la dysménorrhée (règles douloureuses).

Sur son site Temps réel (28 mars), le nouvel Observateur pose « 4 questions » sur le projet de loi, dont une touchant aux « inquiétudes pour l’accès au marché de l’emploi ». La rédactrice souligne la dureté de celui-ci pour les Italiennes, avec seulement 61% d’entre elles qui travaillent contre 72% en moyenne en Europe.

Libération (28 mars) consacre de son côté un article aux pays précurseurs en la matière, tels le Japon dès 1947 ou, plus récemment, la Zambie !

Enfin, sur le site de Ouest France (28 mars), un article alerte sur le fait que les femmes italiennes, souvent abusivement licenciées lorsqu’elles sont enceintes, pourraient en plus pâtir avec cette mesure d’un renforcement des préjugés et stéréotypes.


Dépression saisonnière : ombre, lumière et QVT

Certains l’appellent « déprime hivernale », d’autres parlent de « blues de l’hiver ». Le trouble affectif saisonnier est le nom de cette affection psychologique fréquente qui peut vous atteindre dans la période où vous arrivez au bureau à la nuit et en repartez... à la nuit. Pour éviter que les journées de travail hivernales ne soient perçues comme des punitions par les salariés, voici quelques pistes pouvant facilement s’inscrire dans la démarche QVT de toute entreprise.

Rechercher la lumière 

Le trouble affectif saisonnier désigne une forme de dépression liée au manque de lumière naturelle. Concrètement, il s'agit d'un dérèglement de l'horloge biologique principale dû au fait :

- que le jour se lève de plus en plus tard,

- que la luminosité au cours de la journée est moins intense.

La baisse d’exposition à la lumière perturbe chez certaines personnes la sécrétion de la mélatonine, cette hormone du sommeil qui régule les cycles éveil/sommeil et influence notre humeur.

Les médecins parlent de dépression saisonnière lorsqu’il y a récurrence du trouble et que celui-ci intervient au même moment, en automne ou en hiver, pendant au moins 2 années consécutives.

Si les symptômes peuvent être multiples, les plus fréquents sont la sensation d’abattement, les idées noires, l’impression de ne pouvoir venir à bout de difficultés pourtant habituelles dans le travail, le manque d'énergie, l'envie de dormir, une sensibilité plus grande au froid et une attirance accrue pour les graisses et les sucres.

Les personnes dotées d’une horloge biologique plus sensible que d’autres se voient souvent prescrire des séances de luminothérapie. Le principe de cette technique est de s’appuyer sur une lumière artificielle, destinée à compenser et remplacer les effets sur le cerveau (la sécrétion de mélatonine citée plus haut) du soleil naturel. Les séances journalières, en général d’une demi-heure, consistent à placer une lampe spéciale générant une luminosité de 10 000 lux à proximité du visage de l’intéressé(e).

Aménagement des horaires... et des bureaux

Si les résultats sont souvent jugés probants, il existe cependant d’autres moyens simples d'accroître la durée quotidienne d’exposition à la lumière. L’aménagement des horaires de travail en est un. Il peut s’opérer de deux façons :

- si l’organisation le permet, laisser la possibilité aux salariés le demandant d’arriver au bureau et d’en repartir plus tôt durant une certaine période,

- ménager un temps de pause plus long le midi, afin de permettre aux salariés de marcher une trentaine de minutes à l’extérieur au moment le plus clair de la journée.

Si la qualité des bureaux se mesure en fonction de nombreux critères : sécurité des locaux, qualité de l’air, niveau de pollution sonore, disposition du mobilier, choix des couleurs, possibilité de personnalisation... la luminosité est l’un des éléments les plus importants pour la QVT des utilisateurs, qui dépasse le seul cadre de la dépression saisonnière. Déjà objet d’un encadrement juridique rigoureux, l’éclairage doit faire l’objet d’une attention particulière. Quels que soient les dispositifs d’éclairage retenus, ils doivent en tous les cas :

- donner la priorité à l’éclairage naturel,

- assurer un niveau d’éclairage suffisant et adapté à l’activité des salariés,

- éviter l’éblouissement et les rayons gênants.

Par ailleurs, au-delà de la question de l’éclairage, il est aujourd’hui admis que l’aménagement des bureaux joue un rôle décisif dans le bien-être au travail, la santé, l’humeur et l’engagement des salariés. Une bonne raison pour se saisir sérieusement du sujet !

Le rôle du management

Aider une personne à lutter contre une baisse de moral, qu’elle soit saisonnière ou non, fait partie des missions d’un management moderne. Or, chacun le sait, un compliment sur un travail bien accompli peut faire toute la différence dans la journée d’un salarié atteint de blues... La raison en est simple, elle tient à la stimulation d’une autre hormone, la dopamine. Parfois surnommée hormone du bonheur, la dopamine est un neurotransmetteur qui gère le niveau de "récompense" de notre cerveau. Dans le cadre professionnel comme dans la sphère privée, une gratification, la satisfaction d’avoir atteint un but que l’on s’est fixé, provoquent une montée de dopamine qui laisse un sentiment de bien-être profond. Un argument scientifique pour rappeler, s’il en était besoin, qu’un management bienveillant est toujours un moteur fort de QVT et d’engagement.

 

Concluons sur deux idées. La première est que la dépression saisonnière n’a rien d’une fatalité, et qu’il existe plusieurs moyens de combler, au sein de l’entreprise, le manque de lumière impactant certaines personnes en période hivernale. La seconde tient au rôle du management. Il est du ressort des managers d’inciter les salariés souffrant de dépression saisonnière (ou de toute affection psychologique) à consulter, mais aussi de favoriser certaines activités sociales : un déjeuner pris en commun, une sortie collective le midi sont autant d’actions simples à mettre en place, peu coûteuses et efficaces. 


Enquête Parlons travail, bien-être au travail, pénibilité : la revue de presse et du web QVT

Ces quatre dernières semaines, la presse et le web se sont intéressés de près aux perceptions et attentes des salariés vis-à-vis de leur travail : premiers résultats de la grande enquête Parlons travail côté prise de parole des salariés, grande journée bien-être au travail à Toulouse côté recommandations d’experts...  Quant au compte de prévention de la pénibilité, il demeure un sujet clivant !

Premiers résultats de l’enquête Parlons travail

Le travail occupe un tiers de nos vies, mais que signifie-t-il pour chacun de nous et comment le vivons-nous ? Lancée par la CFDT, la plus grande enquête interactive sur le travail jamais réalisée en France a dépassé en novembre la barre des 140 000 répondants. Très instructifs, les premiers résultats ont été largement repris et commentés dans la presse.

Mis en exergue sur le site d’une antenne de la CFDT, le premier enseignement de l’enquête n’a rien d’étonnant : 79 % des répondants travaillent « avant tout pour subvenir à leurs besoins ».

Sous le titre « Et sinon, comment ça va au travail ? », l’Usine nouvelle (23 nov) préfère valoriser un chiffre qui constitue une belle surprise : 82 % des Français aiment leur travail. Il faut croire aussi qu’ils lui trouvent du sens, le magazine relevant que 57 % des répondants ont le sentiment de faire un travail utile. L’article pointe aussi que 64 % des salariés n’ont jamais été victimes d’un burnout.

Libération a consacré plusieurs articles aux résultats de l’enquête. Sous le titre « Mes collègues et moi » (23 nov), le quotidien observe qu’il suffit pour 86 % des répondants, « d’un collègue pénible pour rendre le travail invivable »  et, pour 77 % d’entre eux, « d’un collègue sympa pour rendre le travail agréable ». Et qu’au bout du compte, 68 % des Français ont des « relations cordiales avec leurs collègues ». Un autre article de Libé (17 nov) se focalise sur le diagnostic beaucoup plus sévère que portent les répondants sur leur hiérarchie.  Pour 62 %, ils pensent que les promotions sont réservées « à ceux qui savent se faire mousser », et pour 48 % « aux copains de la direction ».  Autre chiffre mis en exergue : 59 % des personnes interrogées pensent que leurs supérieurs ne se soucient pas de leur bien-être.

Le Figaro (3 nov) résume assez bien les premiers résultats de l’enquête par le titre de l’article qu’il consacre à celle-ci : « Les salariés aiment leur entreprise, leur travail, leurs collègues, mais pas leurs chefs ». Le quotidien pointe notamment que 69 % des salariés aiment leur entreprise et 55 % des agents publics leur administration.

Journée bien-être au travail à Toulouse

Le 29 novembre, une journée consacrée au bien-être au travail s’est tenue à Toulouse. Informations, formation, échange et études de cas étaient au programme de cette manifestation centrée sur les thèmes de l’engagement des salariés, du bien-être et de la QVT.

La Dépêche du Midi a, avant l’événement, ouvert ses colonnes à des experts appelés à y participer, comme Olivier Lajous. L’ex-DRH de la Marine nationale évoque dans le quotidien les raisons pour lesquelles il lie le bien-être au travail à un « management exigeant et bienveillant ». Un propos qu’il a par ailleurs développé sur notre propre blog dans une interview publiée en deux parties (le 31 oct et le 8 nov).

Également présent lors de cet événement, Alexandre Jost intervenait en tant que fondateur de La Fabrique Spinoza. Ce think-tank a publié fin octobre les derniers résultats du PIB du Bonheur, dont de nombreux supports tels L’Opinion (28 oct) se sont fait l’écho.

Le compte pénibilité, un sujet toujours clivant

Le compte pénibilité (compte personnel de prévention de la pénibilité) a provoqué, dès l’annonce de sa création en janvier 2014, une levée de boucliers au sein du patronat. L’entrée en vigueur des quatre premiers facteurs en janvier 2015, puis des six autres en juillet 2016, n’a pas atténué la défiance des entreprises vis-à-vis de la mesure, bien au contraire. Comme le titre Boursorama.com (25 oct), « Le bras de fer entre le gouvernement et le patronat » continue. Selon le site, « l'exécutif soupçonne le patronat de jouer la montre en faisant le pari que la droite, revenue au pouvoir, abrogera le compte pénibilité ».

Publié sur le site du gouvernement (21 nov), un rapport sur le compte pénibilité vient d’être remis à Manuel Valls et dresse un premier bilan de la mise en place de la mesure. Un bilan mitigé, comme le relate Miroir Social (25 nov). Selon le site, les auteurs du rapport reconnaissent les atouts du dispositif mais « pointent ses limites, en particulier les facteurs non pris en compte comme les risques psychosociaux, travaux nécessitant une attention soutenue, pénibilité subjective ou liée à l'état de santé précis d'un salarié".

De son côté, l’Express (25 nov) souligne le faible nombre de référentiels mis en place à ce jour et l’incertitude du coût de la mesure pour les entreprises. L’hebdomadaire cite aussi cet avertissement essentiel du rapport : " La vraie réussite du C3P serait son extinction, faute de bénéficiaires, du fait de l'efficacité des politiques de prévention développées ". De fait, il semble utile de rappeler que l’idée de départ n’était pas de rémunérer la pénibilité, ce qui serait une approche très cynique de la question, mais de la prévenir.

Rendez-vous dans un mois pour votre revue de presse et du web 100 % QVT, et surtout...  portez-vous bien !