La crise sanitaire qui sévit depuis bientôt un an a progressivement eu raison du moral de chacun. Pourtant, une disposition psychologique positive est aussi la clé pour garder le cap et la confiance, autant sur le plan personnel que professionnel. Moteur d’engagement et de productivité, l’optimisme au travail est un élément indispensable au bien-être des salariés, particulièrement à cette période.

L’optimisme au travail, moteur de bien-être

En 1992, les chercheurs Scheier et Carver définissent l’optimisme comme “une ressource personnelle utile, interne, caractérisée par une perspective positive sur l’avenir”.  En 2010,  les scientifiques mettent en lumière la corrélation positive entre l’optimisme et l’amélioration de la santé physique mais également, son influence sur nos interactions sociales et notre faculté d’adaptation. 

Le lieu de travail peut être un lieu particulièrement difficile pour de nombreux employés. Les relations interpersonnelles, le climat social global actuel et les exigences du travail peuvent créer des situations tendues et décourageantes pour les collaborateurs. Dans ce contexte, l’optimisme au travail peut affecter les employés de façon constructive, en leur donnant les ressources psychologiques pour travailler dans une atmosphère positive. L’optimisme de certains salariés leur permet de faire tampon et de résister à la potentielle négativité rencontrée au travail et ainsi agir sur la QVTAlors que le marché du bien-être atteint les 43 milliards de dollars à l’échelle mondiale chaque année, il est utile de se pencher sur ce trait de personnalité que de nombreux employés possèdent déjà ou sont en capacité de développer. Les travaux de Smith, Pope, Rhodewalt et Poulton (1989) sur l’optimisme au travail montrent une meilleure adaptation aux situations difficiles lorsque les employés font face au problème et non dans les stratégies d’évitement. Il s’agit donc d’une approche plutôt constructive et fructueuse dans un contexte d’entreprise. 

‘’L’optimisme et la confiance en soi sont liés et bien souvent, apprendre à se faire confiance, c’est aussi faire confiance aux autres.’’

Optimisme, engagement et performance

Depuis des décennies, les chercheurs s’intéressent au concept de l’optimisme au travail et dans la vie de tous les jours. Helen Keller, conférencière, auteure et militante américaine, affirme que l’optimisme est “la foi qui mène à réussite”. Un concept aussi défini comme une attente d’événements positifs dans le futur et la tendance à s’attendre au meilleur résultat possible. Dans les écrits sur la psychologie, l’optimisme relève du  capital psychologique aux côtés de l’espoir, l’auto-efficacité et la résilience. En 2007, Luthans explique que les quatre composantes de ce capital sont liées de façon positive à la performance et à la satisfaction au travail. Elles améliorent l’adaptabilité, la proactivité et la performance globale des employés.

L’optimisme au travail présente l’avantage d’améliorer les attitudes professionnelles. Les collaborateurs qui en sont doués paraissent plus aptes à gérer les facteurs de stress sur le lieu du travail. L’optimisme est donc un puissant moteur d’engagement et de performance. Il peut renforcer la capacité d’une personne à faire face aux exigences du travail et l’aider à accomplir ses objectifs avec plus de facilité. De plus, les personnes qui disposent de cette ressource psychologique ont tendance à présenter en parallèle d’autres ressources psychologiques positives, comme l’estime de soi, l’efficacité personnelle et une plus grande maîtrise des tâches. En conclusion, les collaborateurs optimistes sont plus performants.

Comment stimuler l’optimisme au travail ?

Mais tout le monde n’est pas égal face à l’optimisme. Nous ne faisons pas tous naturellement preuve d’optimisme, pour de multiples raisons liées à notre  caractère ou vécu personnel. Cela dit, il y a fort à parier que des personnes pessimistes présentent aussi un certain déficit en termes de ressources internes positives. Moins de confiance en soi et en les autres notamment. Voici donc quelques pistes pour cultiver l’optimisme au travail.

Faire confiance à ses coéquipiers et s’encourager 

Le besoin de savoir que l’on va dans la bonne direction est primordial pour travailler sereinement. L’optimisme et la confiance en soi sont liés et bien souvent, apprendre à se faire confiance, c’est aussi faire confiance aux autres. Pour cultiver l’optimisme au travail, des gestes simples comme les encouragements envers ses collaborateurs de façon régulière sont importants. Souligner les succès de chacun booste l’estime de soi et donne le sentiment d’avancer dans la bonne direction.

Des managers champions de l’optimisme au travail

Et si au lieu de souligner les conséquences négatives des échecs, on pointait du doigt les apprentissages à tirer de ces situations ? Comme tous les comportements positifs, l’optimisme se cultive et surtout, il est contagieux. Un dirigeant confiant en l’avenir et  enthousiaste saura inspirer ses collaborateurs et leur donner l’énergie d’avancer. En tant que manager, il est important de prendre régulièrement le pouls de ses collaborateurs, d’autant plus dans une période  où ils peuvent se sentir isolés pas la distanciation sociale imposée. Rassurer régulièrement les équipes et les aider à se projeter dans l’avenir est essentiel. La crise que nous vivons crée l’opportunité d’agir autrement, de faire mieux, durablement. L’optimisme source de rebond ?